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      Ce n’est plus un appel ou un message texte que j’attend, c’est une révélation de Dieu, un acte divin pour me prouver que j’existe encore dans ses yeux. J’ai passé la nuit entière, couché dans mon lit, à fixer mon cellulaire en espérant de plus en plus à chaque seconde le sentir vibrer, entendre la sonnerie qui me casse les oreilles depuis 2 ans. Rien. Absolument rien. Pas un son. Même pas une p’tite vibration. Elle doit dormir, à 5 heure du matin c’est bien normal. Je devrais dormir moi aussi, il ne reste que deux heures avant que Nick viennent me chercher. Deux heures. Cent vingt minutes. Beaucoup de secondes. Assez de secondes peut-être pour qu’elle me rappele. Pourquoi espérer? L’espoir a toujours été vain. En tout cas dans ma vie. Le pire c’est que si elle ne me fait pas signe bientôt j’aurai pas le temps de la voir avant qu’il ne soit trop tard.

      Pourtant, au début j’étais vraiment exité par l’idée d’une aventure digne d’un film hollywoodien. Ça faisait au moins trois ans qu’on y rêvait et qu’on planifiait de partir. À peine une heure avant le décollage de l’avion, l’aéroport est bondé, il fait atrocement chaud, j’attend encore son appel, je ne veux pas qu’on discute de notre dispute d’hier, ni qu’on recommence à se crier après pour des conneries. Je veux juste lui dire que je l’aime avant de m’en aller. Mathieu tourne la tête vers moi d’un air perplexe:

- T’as pas trop l’air de bonne humeur à matin toi, lance-t’il.

- Ça va, inquiète toi pas.

- Bah dit-le à ta face, c’est pas le temps d’avoir la tête plein d’idée noire sinon ça arrêtera pu, a va encore être là quand on va revenir. On part juste un mois, c’est pas la fin du monde, tu l’appeleras quand on arrivera si tu veux vraiment lui parler tout de suite. Anyway, c’est sûr qu’elle dort à cette heure là. Surtout si est sortie hier..

- Je sais… C’est bon, je ferme mon cellulaire, je l’appelerai demain pour lui raconter comment le voyage s’est passé.

        Math à raison, ça sert à rien d’espérer, je l’ai toujours su. Je prend quand même le temps de lui envoyer un message texte avant d’éteindre mon appareil. Rien de bien compliquer, rien qui sort de l’ordinaire, juste un petit mot pour lui dire qu’elle va me manquer et que je l’aime. Je somnole le reste du temps d’attente, la nuit a été pénible.

                                                                                 —

- Allez! Prend tes bagages c’est l’heure!

           Nick est toujours la bonne personne pour vous réveiller d’une manière brutale et désagréable, c’est efficace soutient-il. Je me lève donc, et l’air un peu blafard je m’avance vers l’agent de l’aéroport pour faire vérifier ma carte d’embarquement. Tout est ok. On embarque dans l’avion.

- J’avais oublié à quel point les bancs dans ces avions-là étaient confortables, lance Nick.

          Assez vite, je me rend compte du sarcasme derrière ces paroles, c’est de la merde le confort en avion, en plus il faut traverser tout l’océan. Un trip autour de l’Europe, quand on a lancé l’idée j’ai probablement été le premier à me proposer pour y aller. Le sens de l’aventure j’ai ça dans le sang ! Colomb était probablement un de mes descendants ! Aujourd’hui je suis un peu moins confiant, c’est la première fois de ma vie que je prend l’avion et je dois m’avouer que ça me stress un peu, même pas mal. En plus, c’est aussi la première fois que je vais être aussi loin de chez nous, si j’ai un problème, y’a que sur moi que je peux compter. Faut pas que je l’oubli. J’ai habiter presque deux ans à Montréal, mais la métropole est comme un hamster à côté d’un chat affamé si on la compare à ce qu’on s’apprête à faire.

 

- Hey les gars, le réalisez-vous? On s’en va, c’est maintenant, on part, on s’en va découvrir le monde. Dit Math, dont l’enthousiasme serait difficile à cacher.

 

               Ouais, je le réalise, t’as pas idée à quel point je le réalise. On s’en va, avec presque rien, dans une place qu’on connaît pas, pour faire un trip autour de l’Europe, rencontrer des inconnues, apprendre leurs coutumes puis vivre comme des bohémiens. Faut que j’arrête d’y penser, m’a finir par me convaincre que j’ai même jamais eu envie d’y aller. C’est faux, c’est juste parce que c’est à elle que je pense, pas au voyage… Peut-être que je devrais rester ici finalement, tout abandonner…

 

- Bonjour et bienvenue sur le vol Montréal direction Paris, je m’appele James et je serai votre pilote tout au cours du voyage, veuillez s’il-vous-plaît attacher vos ceintures nous sommes sur le point de décoller.

            La voix dans le haut parleur pertube mes pensées, trop tard, trop tard pour me sauver maintenant. Les agentes de bord vérifient que tout le monde soit bien attacher et l’avion s’engage sur la piste et finit par décoller. Mon coeur fait milles bonds dans mon corps, il est sur le point de me fracasser la cage thoracique j’en suis sûr. Math me regarde et me demande si tout va bien. Je lui répond que oui, me cramponne à mon siège et me rappele que statistiquement parlant, c’est plus probable de faire un accident en voiture qu’en avion. Après que le voyant lumineux nous indiquant de rester attacher s’éteint je m’empresse d’attraper quelques gravol que je m’étais glisser dans les poches et d’un trait je les avale. En peu de temps, la somnolence est insupportable et je fini par me laisser aller.

                                                              —

           Combien de temps s’est passé? J’en ai aucune idée. Qu’est-ce qui se passe? Une autre question sans réponse. Je me réveille, secoué, et je m’aperçois assez rapidement que Math et Nick n’ont plus l’air de rire, ni de s’amuser. Leur visage est crispé, leurs mains s’aggripent à leur siège. Une secousse frappe l’avion, l’appui-bras vient m’écraser les côtes. La douleur est vive et me tire de l’état rêvasseur dans lequel j’étais plongé. Quelque chose se passe, quelque chose de grave. La voix du pilote résonne dans l’avion.

- Chers passagers nous traversons quelques difficultés techniques, veuillez garder votre calme et rester assis à votre place, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour parvenir à régler la situation.

         Mes yeux s’aggrandissent. Problèmes techniques ça n’a jamais sonné super bien à mes oreilles. Problèmes techniques, problèmes techniques, c’est pas le temps d’avoir des problèmes techniques, si je regarde à l’extérieur tout ce que je peux voir c’est de l’eau, de l’eau et encore de l’eau. L’anxiété monte, l’exitation est à zéro, l’attente est insupportable, surtout avec toutes ces secousses qui viennent nous rappeler que tout ne vas pas bien.

          Soudain on entend le bruit d’une déflégration, Nick et Math regardent de mon côté, leurs yeux me prient de leur dire que tout est bien à l’extérieur. Le bruit venait du côté où je suis assis. Après quelques secondes d’hésitement je jette un coup d’oeil à travers le hublot. Je me retourne aussitôt vers mes deux amis, mais la terreur me noue la gorge et je n’arrive pas à dire un mot. Des larmes viennent brouiller ma vision. Math, affolé, se détache en une fraction de seconde et regarde à l’extérieur à son tour. Une des turbines est en feu, on va s’écraser, j’en suis sûr. Les masques à oxygène d’urgence tombent et le commandant nous demande de rester assis et de garder le calme, une fois de plus. Comment garder le calme dans une situation comme celle-ci. Quelques instants plus tard, l’avion commence à perdre de l’altitude et lorsque la vitesse devient considérable et que la collision est imminente, je m’évanouis, trop excédé pour participer à se spectacle en étant conscient.

à Suivre.

A.Faucher

Lorsque j’avais 15 ans, j’ai voulu te décrocher la lune pour te l’offrir. Pour la sertir sur un anneau céleste qui se serait accrocher à l’un de tes doigts, les étoiles peuvent en témoigner. J’ai marcher plusieurs nuits entières, tentant de m’en approcher le plus possible pour être en mesure de l’avoir à porter de la main, en vain. J’ai courru, sauté et j’ai même hurler à n’en perdre la voix pour qu’elle entende ma plainte et qu’elle se penche vers moi et que je la vole au ciel étoilé, tout ça pour toi. T’étais l’amour de ma vie, le premier, et je souhaitais tellement que tu sois le dernier aussi. Je voulais t’offrir le monde, mais le monde était trop grand et trop lourd pour que je te l’apporte. En plus, t’aurais problablement pas eu assez de place dans tes tirroirs pour le ranger et le garder précieusement. Je me suis vite fatigué à courrir après les plus grandes merveilles du monde pour te les offrir, j’ai même jamais réussi à te donner la plus petite des gigantesques splendeurs que je te dédiais, en vain. Je me suis alors arrêté et je me suis couché sur le gazon au fond de ma cour, fixant avec rancoeur cette lune que je t’avais promise et que je n’avais jamais réussi à te rapporter. Si au moins elle m’avait dit un mot, ou deux, pour que je saisisse, pour que je comprenne ce qui était au fond si simple. Malheureusement, nos chemins se sont séparés, sans que je ne puisse jamais te montrer à quel point tu m’étais cher. La lune a donc continuer son cycle sans se soucier de moi, même si elle ne l’avait jamais vraiment faites, et toutes ces choses que j’aurais voulu t’offrir sont rester impassible devant les intempéries du temps.

J’ai maintenant 21 ans, on peut presque dire que je suis un homme. J’ai accomplis maintes choses au cours des années qui nous ont séparées et toi aussi tu as fait de même. J’ai aucun doute sur le fait que tu as apporté du bonheur à toutes les personnes qui ont été en contact avec toi. J’ai aujourd’hui la chance de pouvoir t’embrasser et de sentir, presque chaque soir, ta respiration régulière contre mon corps. Je suis heureux. Encore une fois j’ai l’impression que je dois te montrer à quel point je tiens ce que nous avons à coeur, à quel point, à mes yeux, tu surpasse les sept merveilles du monde. À quel point ta lumière m’éclaire plus que celle de la lune et du soleil réunis ensemble. Je suis donc sorti à l’extérieur pour m’entretenir avec la lune une fois de plus, m’asseyant cette fois sur un tapis blanc, puisque c’est l’hivers. La grande aiguille sur ta montre a fait plusieurs fois le tour complet des douze chiffres avant que je n’ouvre enfin la bouche. Pour ne rien dire. Je n’ai plus 15 ans et je veux maintenant que la lune reste où elle est là-haut dans le ciel. Je ne veux pas parcourir le globe entier pour trouver les plus beaux trésors à te rapporter. Maintenant, je comprend que tous ces présents auraient été futiles. La lune peut bien rester tout en haut au dessus de nous, elle nous éclaire lorsque nous nous aimons et elle me permet de te voir, c’est le seul cadeau que je pourrai jamais souhaiter avoir d’elle. Lorsque je me suis relever, en la remerciant au fond de mon coeur, j’ai senti sa chaleur au plus profond de moi-même. Je suis retourner dans la chambre sur le bout des orteils pour ne pas te réveiller et je me suis recoucher à tes côtés, te protégeant d’éventuels cauchemards ou craintes que tu pourrais avoir. Tout doucement, j’ai poser ma main sur mon coeur et ensuite sur le tien. C’est ma lumière que je t’offre, pas celle de notre lune argentée, une petite lumière fort probablement beaucoup plus faible que celle de la lune là-haut dans le ciel. Cette lune qui éclaire chaque nuit les âmes perdues et les amoureux à travers le monde. Moi, la lumière que je t’offre est juste assez brillante et forte pour éclairer ton coeur tout entier et chasser les démons qui peuvent s’y réfugier, juste assez forte pour se battre pour toi et t’éclairer jusqu’à la fin. Je t’aime, du plus profond de mon coeur.

Alex

Minuit moins le quart, y’a rien qui peut m’arracher à ce monde et m’offrir un peu de sommeil, encore un soir. Encore un soir à entendre cette petite boule en dedans de mon estomac qui crie, qui hurle sans pourtant faire un seul bruit. C’est probablement rien, un p’tit rien du tout qui va passer et qui va se rendormir pour un  p’tit bout de temps… probablement. Mais même sans bruit, les hurlements de ma petite boule noir finissent par me défoncer les tympans. Un mince filet de sang s’échappe de mes oreilles. Elle continue de crier toujours plus fort et plus violemment, sans qu’aucun son ne me parvienne. Les mots se sont envolés avec l’espoir et l’amour il y a bien trop longtemps, leur musique m’est à présent inconnue. Je suis paralysé;  au centre d’un vortex constitué de mon passé, mon présent et même mon futur. Sale prison qui me  dépouille peu à peu de mon corps, de ma propre chair. Les couleurs, en perdant leur éclat, sont devenues ternes et froide. Pourtant, même lorsque je déposent mon front sur elles, je ne sens rien. Ni chaud, ni froid, les flammes de l’enfer pourraient lécher mon corps et je ne ferais que m’éteindre sans un mot, sans une sensation. Et tout ça parce que qu’un jour l’homme doit bien ouvrir ses yeux un peu plus grand et voir le Vide. Le Vide qui se creuse tout autour de nous et qui plonge dans la souffrance même les plus beaux souvenirs. Le Vide qui peu à peu nous vole tout notre oxygène..

A.

Grand-papa,

Depuis ton départ, le monde est devenu un plus sombre, un peu plus terne. Lorsque tu es monté au ciel, je suis certain que le ciel est devenu  plus bleu, les étoiles plus brillantes et qu’ici bas l’herbe a perdu un peu de sa verdure.  Tu sais ton départ laisse un grand vide dans nos cœur mais sache que jamais nous n’oublierons ton merveilleux sourire, tes petites taquineries et l’homme d’honneur que tu etais. On m’a demandé de te faire un dernier hommage, mais pour être sincère avec toi, je ne sais vraiment pas comment qu’un homme comme moi pourrait rendre comme il se le doit la grandeur de l’être que tu es. J’ai passé toutes les nuits de cette semaine assis devant mon écran à me demander ce que j’écrirais pour tous ces gens, pour leur rappeler qui tu es réellement et pour appliquer un peu de baume sur leur cœur. Hier, je pense que j’ai compris comment tu souhaite qu’on se rappelle de toi. Au fond, tu es un homme assez simple, tout ce que souhaites c’est que les gens autour de toi soit bien, soit heureux. Je peux dire sans équivoque que tu es un modèle pour les autres hommes autour de toi; j’ai rarement vu un homme aimé sa femme comme tu aimes grand-maman. Je me rappelle encore de votre cinquantième anniversaire de mariage au St-Hubert, tu t’étais levé pendant le toast qu’on vous consacrait pour chanter une chanson d’amour à ta bien aimée. Je n’ai jamais vu autant de tendresse dans les paroles et d’amour dans les yeux d’un homme. Je ne sais pas vraiment comment tu étais avec ma mère et mon oncle, ni avec ta famille et tes amis, mais grâce aux moments que j’ai passés auprès de toi, je peux dire ce que tu es pour moi. À toutes les époques de ma vie tu as été présent; pendant mon enfance tu ne ratais jamais une occasion pour nous gâter moi et mes frères. J’ai vieillis et l’adolescence m’a rentré dedans comme un coup de poing, j’ai vécu une panoplie de moments difficiles et chaque fois que ça allait mal partout où j’allais je savais que j’avais juste à descendre la rue et venir vous voir toi et grand-maman. Tu étais toujours là pour m’écouter parler et me dire que ça finirait par aller mieux, que ça fini toujours par aller mieux. Je sais que t’es un homme sage, je sais aussi que tu es un mari et un père aimant, je sais encore mieux que tu es un grand-père comme on n’en voit plus.

C’est en ces termes que nous devons te laisser t’envoler vers de meilleurs horizons, vers un monde plus lumineux où tu pourras t’assurer de notre bien-être. Je sais qu’un jour la douleur va s’amenuiser et que lorsque je vais penser à toi c’est un sourire qui s’affichera sur mes lèvres, car je sais que maintenant tu te reposes. Même si aujourd’hui on souffre tous énormément, je me console en me disant que dans le fond : on va se revoir bientôt.

D’ici là, veille bien sur nous grand-papa, mais surtout n’oublie pas de prendre soin de toi aussi.

Je t’aime

Valentine ép.final

Brightwood était, il y a bien quelques décennies de cela, une petite parcelle d’espoir dans cette immense ville sale qui sentait la corruption à plein nez. Un petit coin de paradis où il faisait bon vivre, les cris enjoués des enfants perçaient les après midi ensoleillés, le bonheur pouvait se faire sentir partout. Personne n’aurait cru qu’un jour le crime s’y installerait, que le cancer qu’était la ville s’étendrait jusqu’à la verdure des parcs de Brightwood; qui voudrait arrêter de rêver ?

Avec le temps ce que tous les résidents craignaient arriva; le chao remplaça l’ordre et l’harmonie qui y était établis, la verdure céda aux nuances de noir et de blanc, les enfants grandirent et devinrent des junkies de fond de ruelles. Plus personne maintenant ne s’assied sur la balançoire avec dans les yeux l’espoir d’un avenir prometteur, ceux qui y prennent place maintenant s’attache un élastique autour du bras avant de s’injecter une bonne dose de bonheur dans les veines. La condition devint précaire à Brightwood, la majorité des résidents, ayant peur de sortir à l’extérieur dès que le soleil les abandonnaient, décidèrent d’abandonner leur logis et de partir pour un endroit qu’il croyait probablement meilleur.  Bien vite, les autorités délaissèrent la station de métro du quartier, les délinquants, les junkies et les sans abris s’en étant emparer pour en faire leur toit. C’est dans les toilettes crasseuses de cette station que j’ai passé trop de nuits, et c’est la que je dois retourner ce soir, maintenant.

Comme à l’habitude, le ciel était gris et il pleuvait, Valentine se tenait tout en haut des marches qui menaient à la station de métro. Il ne savait pas comment se terminerait cette nuit, mais peut importe le dénouement, il devait descendre au fond de ce trou à rat et retrouver Numéro 4 pour lui faire la peau. Le petit, qui se tenait derrière Valentine le tira par la manche pour le faire sortir de ses pensées et lui faire comprendre qu’il était trempé jusqu’au os et qu’il avait froid. Valentine entama donc sa descente vers son enfer.

Rien n’avait l’air d’avoir changé, sur les murs les multiples graffitis lui rappelait qu’il ne fallait pas seulement du talent pour réussir. Des déchets jonchaient le sol; de vieux journaux, des boîtes, des canettes de toutes sortes et bien des objets qui avaient autrefois eu une utilisation assez désastreuse pour ces individus un peu perdus dans ce monde qui ne leur convient pas. Valentine se dirigea vers les escaliers qui menaient au quai d’embarquement, c’est tout près de là que se trouvait l’endroit où il devait se rendre. L’écho de ses coups de talon contre le marbre sale se faisait entendre clairement dans tout le couloir et probablement encore bien plus loin, des silhouettes fines et exécrables remuaient dans l’ombre à l’approche de cet homme qui n’avait rien à voir en cet endroit renié de Dieu. Valentine prit Jake par l’épaule pour le rapprocher de lui et le rassurer, personne ne les approcherait tant et aussi longtemps qu’il serait là pour le protéger.

Le quai d’embarquement était vide, plus aucun passager ne venait par ici de nos jours, Valentine laissa son regard glisser un peu partout, se remémorant les quelques souvenirs qu’il avait de cet endroit maudit et finit par aboutir sur la porte de la chambre de bain des hommes, c’est là qu’il devait se rendre. Il mit un genoux par terre pour avoir le regard à la même hauteur que celui de Jake :

-          Écoute petit, je ne sais pas ce qui nous attend là dedans, mais tu peux attendre à l’extérieur si tu préfères, je n’ai pas à t’imposer quoi que ce soit, lui dit-il.

-          Je veux venir, Mr. Valentine. J’aimerais bien revoir Numéro 4, répondit-il.

-          Revoir Numéro 4? Mais de quoi parles-tu… peu importe… prend ce révolver et s’il arrive quoi que ce soit n’hésite pas à l’utiliser. M’as-tu bien compris?

-          Très bien Mr.Valentine.

Valentine se releva en soupirant, il n’aurait jamais dû apporter Jake dans un tel endroit, mais au fond il avait besoin de sa présence, il ne pouvait se l’expliquer. Il chargea son arme et se dirigea vers la salle de bain avec Jake, en déposant la main sur la poignée de la porte il regarda le garçon une dernière fois, releva son chapeau avec deux doigts et lui dit : « C’est maintenant ou jamais petit. » Valentine ouvrit la porte et pénétra dans la pièce.

Les cabines étaient dans un piteux état lorsqu’elles étaient encore présentes, il ne restait qu’un néon qui éclairait la petite pièce et qui menaçait de rendre l’âme à tout moment. Il produisait juste assez de lumière pour que Valentine n’aperçoive la silhouette d’une personne tout au fond de la pièce le dos contre le mur. Elle portait un chapeau  semblable au sien et un grand imper, mais bon tout le monde en avait de nos jours, il pleuvait sans arrêt. Sa respiration était lente et calculée, Valentine fit un pas devant mais lorsqu’il vit qu’elle fit de même il s’arrêta net et s’empressa d’agripper le manche de son arme :

-          Pourquoi m’as-tu fait venir ici et comment connais-tu cet endroit Numéro 4, si c’est bien toi? Lui demanda-t-il.

-          Premièrement parce que c’est ici que tout a commencé mon cher et que c’est ici que cela doit se terminer j’imagine, pour répondre à ta deuxième question je connais cet endroit parce que je connais tout de toi, c’est simple. Ahhh et oui, c’est bien moi.

-          Et pourquoi… tenta-t-il de demander avant qu’elle ne le coupe.

-          Pourquoi je les ai tués ? Cromwell et tous les autres, il y en a bien quelques uns dont tu n’es pas au courant, ceux qui en savait un petit peu trop sur moi. J’ai été bien ravie que le Dr. No ne révèle pas ma superbe identité et qu’il te laisse souffrir un peu plus longtemps. J’ai pris un grand soin à imiter ta technique pour être bien certaine que si c’est toi qui sors vivant de cette pièce tu sois accusé de tous ces meurtres. Il n’y a que Cromwell qui m’a prise par surprise mais tu le sais bien cela puisque tu t’es rendu à sa demeure.

-          Mais pourquoi, après toutes ces années en détention, pourquoi m’as-tu poursuivis de la sorte, pourquoi m’avoir enlevé ce qui m’étais le plus cher Numéro 4, POURQUOI?

La respiration de Valentine s’accéléra, il était sur le point de s’emporter, il dégaina son arme et la pointa vers Numéro 4, en plein cœur, elle l’imita avec un synchronisme surprenant. Jake se tenait debout les yeux bien grands et il observait le spectacle qui s’offrait à lui, le duel final de Valentine et de Numéro 4 :

-          Pourquoi toujours autant de question, Mr. Valentine, lui répondit Numéro 4, c’est pourtant bien simple tout cela.

-          RÉPOND MOI!

-          D’accord, je vais te répondre, mais tu dois être conscient qu’après cela tout sera fini pour toi.

Valentine resta muet, son regard était plongé dans celui de Numéro 4 et jamais il ne le quitta. Il attendait cette confession qui changerait sa vie, cette confession qui dissiperait ses ennuies, ses douleurs, ses peines et ses craintes :

-          Je l’ai fait parce que c’est ce que tu voulais Valentine, tu as voulu et souhaité sa mort, tu m’en as parlé pendant des mois et des mois en prison. Tellement que tu as fini par l’oublier.

-          Arrête tes mensonges et raconte moi la vérité pour une fois, je ne perdrai pas plus de temps et j’en finirai assez rapidement sinon.

-          Ce serait dans ton intérêt de te calmer un petit peu et d’écouter ce que j’ai à te dire.

Valentine arma son révolver de son pouce, le doigt prêt à faire feu sur sa pire ennemie, son regard se durcissait :

-          Appuie et tu le regretteras bien longtemps mon cher. En attendant rappelle toi de mon arrivé au pénitencier, le 26, tu te souviens de cette date ? C’est la première fois que l’on s’est vraiment parlé, avant je n’étais qu’un songe.

-          Je t’ai dit d’être clair et d’arrêter de me mener en bateau 4.

-          Tu ne comprend donc rien, rappelle toi ce qu’on t’as dit il n’y a pas très longtemps, le 26 est aussi la journée où l’état t’as fait passer sur la chaise électrique et que toute l’opération a foirer à cause d’un problème technique, tu as eu de la chance d’y survivre. C’est ce jour là que je suis arrivé et que tu m’as tout raconté, pourquoi tu te trouvais là et à cause de qui tu t’y trouvais. Tu as passé quelques jours à reprendre conscience et à la perdre sans cesse, durant tes périodes d’éveils tu m’as raconté que tu avais été jeté là bas parce que tu avais descendu cette belle Roxane.

-          Et puis, vient-en aux faits putain.

-          Et puis, tu m’as raconté que c’était Véronicka, celle que tu aimais tant, qui t’as trahi lorsqu’elle a su ce que tu avais fait, ce que tu étais devenu grâce à elle. Elle a contacté la police et ils sont venus te coffrer dans son appartement, c’est toi-même qui m’a tout dit cela. Tu as par la suite insisté sur le fait que tu voulais qu’elle périsse, comme toutes celles qui t’ont aimé un jour ou l’autre d’ailleurs. Alors je t’ai promis que je la tuerais.

-          C’est un mensonge!!!

-          Non, c’est parfaitement vrai et tu le sais au fond de toi Alex.

-          Alors pourquoi t’être sauvée, pourquoi avoir fuit et tué tout ceux qui connaissaient ton existence?

-          Parce que jamais tu ne me pardonneras sa  mort et jamais tu ne croiras ce récit, je sais que tu souhaiteras toujours me voir m’écrouler devant toi.

-          M’as-tu déjà aimé, Numéro 4?

-          Je t’aime depuis le tout début, depuis ta naissance Alex Valentine.

-          Alors tu dois mourir, comme toutes les autres.

-          Je t’aime, tout simplement parce que je suis…

Un coup de feu retentit dans la pièce, Jake ferma les yeux et une bonne dose de sang s’étala sur les murs autour de Valentine. Il tomba à genoux, un miroir se trouvait devant lui, il se regardait dans les yeux :

-          Toi, je suis toi Valentine, dit-il.

Alors il se rappela tout ce que Numéro 4 disait, c’est bien Véronicka qu’il l’avait envoyé sur la chaise électrique, il se souvint de toutes ces années à avoir des discussions dans sa cellule avec Numéro 4, qui n’était en fait présente que dans sa tête. Il se revit en train de serrer la dame en blanc dans ses bras et la pousser à travers la fenêtre de son appartement, descendre au rez de chaussé pour la mettre dans son coffre et même attacher le bout de papier sur lequel  il avait inscrit le nom de 4. Il se repassa par la suite la mort de Cromwell, il était bien présent lorsque Jake l’avait flingué et finalement il comprit.

                Jake s’approcha de Valentine, depuis près de vingt minutes il le regardait se prendre la tête avec lui-même face à un miroir crasseux et tout craqué. Il avait vu Valentine retourner sa propre arme contre lui et se tirer dans le ventre. L’ancien détective regardait le petit, les yeux emplis de confusion et de délivrance tout à la fois. Un filet de sang lui coulait du coin droit de sa bouche, le petit tenait encore le révolver entre ses mains et lui souriait d’une manière assez effrayante. Il tenta de dire à Jake de s’enfuir de la station et de trouver un endroit plus sûr pour lui, mais la douleur lui labourait les entrailles. Il ne réussit qu’à lui offrir un rictus douloureux, le petit s’approcha de lui et déposa sa main sur son épaule :

-          Elle vous avait bien dit que vous le regretteriez si vous tiriez, Mr Valentine. Lui dit le garçon.

-          Jake… laissa-t-il s’échapper avec la plus grande douleur

-          Non, tout est bien Mr Valentine, mais je dois vous laisser, on m’attend ailleurs.

 

Jake haussa les épaules un peu innocemment et, de sa main qui était sur l’épaule de Valentine, prit son chapeau et se l’enfonça sur la tête. Il regarda Alex Valentine une dernière fois avec toute l’affection qu’un enfant a pour son père avant de lui tirer trois balles dans le cœur. Valentine s’effondra raide mort.

                Jake tourna les talons et se dirigea vers la sortie, les junkies n’osaient pas l’approcher ayant aperçu ce qu’il venait de faire à l’homme qui l’accompagnait et ayant assistés à toute la scène qui précédait ce meurtre. Jake s’assit dans la Lincoln, prit le paquet de Churchill qui traînait sur le tableau de bord et s’en alluma une à l’aide du briquet qu’il trouva sur la banquette. En tirant sur sa Churchill, il regarda dans le rétroviseur les yeux à demi fermés, le regard interrogateur :

-          Alors Jake, dit-il, es-tu prêt pour notre premier arrêt.

-          Mais bien sûr, Mr. Valentine, se répondit-il, alors où allons-nous?

-          Moi et Numéro 4 devons nous occuper de quelque chose d’une très grande importance petit.

-          Oui, d’une très grande importance, renchérit-il, moi et Valentine allons te montrer tous les secrets du métier.

Alors Jake se mit à rire comme un dément, tout seul dans la voiture de Valentine, les junkies qui étaient présent pourront le confirmer, avant que le petit ne démarre la voiture et qu’il la conduise loin de Brightwood avec autant d’aisance que s’il avait conduit tout au long de sa vie, on aurait pu croire qu’à son rire se mêlait celui d’une femme et celui d’un homme à la voix éreintée.

 

-          Oh non… Valentine n’est pas mort… Il n’est pas mort… Il ne peut pas.

 

Alexandre Faucher

 

P.S.  Alex Valentine et ses diverses aventures continueront peut-être de vivre si un certain intérêt de continuation se dévoile. Des épisodes parallèles à cette histoire, se situant avant, pendant et après les évènements de cette courte ‘’série’’. Merci pour les lectures et au plaisir.

 

 

J’ai écris une centaine de vers cette nuit, certains courts et d’autres long, les alexandrins envahissaient mes pages en l’honneur de ce qui devrait être déshonoré. J’ai donné à ma poésie la forme de son corps gracieux et délicat, mais mes mots ingrats ne sauraient donner vie à rien qui pourrait lui rendre hommage dignement. Roxane m’a torturé encore aujourd’hui et elle continuera cette nuit, j’en suis sûr, l’ivresse ne suffisant plus à me délivrer de la torpeur dans laquelle elle me plonge chaque fois que mon esprit à la liberté de s’éloigner du cadre dans lequel on le garde et qu’il s’aventure dans des sentiers qui autrefois étaient boisés et pollués de tulipes. Ces putains de fleurs qui maintenant se foutent de ma gueule et qui se fanent chaque fois que je tends les doigts pour en attraper une ou deux. Le soleil a déjà brillé, maintenant même lui semble terne et morose, les sentiers qu’il rendait idyllique sont devenus sombres, moroses et inquiétants. Bref, même King n’oserait s’y aventurer, aussi cinglé soit-il. Le matin lorsqu’elle me réveille de son souffle chaud et glacial, je peux la sentir étendue de tout son long sur mon corps. Elle glisse son index sur mes lèvres délicatement, comme elle avait l’habitude de le faire, et finit par le laisser tomber sur mon torse. Elle découpe ensuite sur ma peau des milliers de cœurs avec ses ongles et les garde précieusement dans sa poche avant de s’évaporer. La présence trop intense et radicale de son absence me cisaille les entrailles, je n’arrive plus à bouger, à parler ou même à penser. La solitude me donne une petite tape sur l’épaule pour me remonter le moral et les regrets sont étendus dans mon lit, attendant seulement que je m’y étende pour me lacérer tout le corps et l’esprit avec les lames de leurs erreurs. J’ai mal en dedans, j’ai mal à elle… Le houblon m’aide même pu, y’a finit par empirer les choses. J’essaie d’écrire, remède fidèle qui ne m’a jamais laissé tomber, sauf cette fois. Ma nouvelle Roxane a trouvé où j’avais caché mon cœur, la petite boîte secrète qui préserve ma santé sentimentale, et y a mis feu puisque c’est ce qu’elle souhaitait. Elle immola mon cœur et mon corps tout entier en transit. Depuis, j’essaie de versifier un peu ma vie, sans grand succès, je respire et je vis mais dans le fond c’est vide en dedans de moi. Je suis la cause de mes tourments et je m’en repens, mais ça me quitte jamais, c’est comme un cancer du cœur, une tumeur d’émotion. Je veux juste que son ombre me quitte pour de vrai, pouvoir me coucher et dormir sans être complètement ivre. Je veux juste écrire et me sentir complètement libre. Ahhh…Roxane… laisse moi dormir… et revient moi sous une toute autre forme lorsque mon cœur ne saignera plus et que mon corps portera fièrement les cicatrices d’un temps passé, pénible et mortel. Ahhhh ………………………….. Roxane……

Alexandre – Valentine- Faucher

Ouin…

J’ai mal en dedans… J’ai mal à elle…

Ça fait 5 mois putain, quitte mon âme belle Roxane.

 

Mon coin de pays

Ahhhh mon petit coin de pays,
Région du nord souvent épris de mépris
Mais moi dans mon corps c’est l’allégresse
Dans mon âme, la tendresse

Val-d’Or, ça fait du bien dans mon coeur
Ça me permet de me purger de tous les maux de la ville
Ça me fait du bien en dedans, du baume sur mes plaies
C’est probablement ça aussi qui me fait autant de mal

Je suis fidèle à mon petit coin de pays,
Même si les minutes éphèmeres de bonheur qu’il m’apporte
Rendent infernales les mois loin de ma vie

Ahhh! Mon petit coin de pays
MOn petit coin de paradis

Ahhh… mon petit coin… de pays…

Alexandre Faucher

Valentine ép. 10

La dame en blanc, à l’exception de Roxane, c’était la seule femme qu’il avait aimé de toute sa vie.  Certes il avait connu bien des demoiselles dans sa jeunesse et même après sa sortie de prison il y avait bien eu une fille ou deux, mais jamais il ne les avait vraiment aimé. Aucune de ses femmes n’avait pu le garder au chaud bien longtemps, le destin en avait probablement voulu ainsi. Véronicka par contre  l’avait repêché et remis sur les rails de sa vengeance, cette même Véronicka qui lui demandait de laisser tomber et de rester près d’elle. Il aurait bien passé toute sa vie près d’elle, mais il ne pourrait pas dormir en paix avant d’avoir mit la main à leur collet et de les offrir comme banquet au vers de terre. Il pourrait ensuite revenir vers Véronicka et c’est seulement là qu’il pourrait vivre en toute tranquillité. Il savait très bien qu’elle l’attendrait le temps qu’il faudrait, elle n’était pas Roxane.

Il était trop tard maintenant pour l’attente, la dame en blanc gisait dans le fond de sa Lincoln et Numéro 4 restait anonyme, il pourrait la croiser dans la rue et jamais il ne pourrait la reconnaître. La seule manière qu’il avait de la reconnaître était en entendant le son de sa voix, cette voix avec laquelle il avait discuté tant de fois pendant son séjour en prison. Cette douce mélodie qui lui avait arrachée Véronicka, sa dame en blanc, sans qu’il sache pourquoi. Mais bientôt il le découvrira, Numéro 4 finira bien par faire une erreur quelconque et se dévoilera, Valentine n’attendra pas une seconde de plus et la pourchassera jusqu’au fin fond des abîmes s’il le faut pour lui faire payer. Une putain de vie de vengeance dira-t-on.

En repensant à tous les souvenirs qu’il avait de la dame en blanc Valentine sentit monter en lui une affliction si grande et si douloureuse qu’il dut prendre appuie sur pare-choc arrière de sa voiture. Il plongea ses yeux dans ceux de Véronicka, livide et froid, et ne put s’empêcher de passer sa main sur ses jambes, autrefois si douces.  En ce faisant, il remonta légèrement la robe de la demoiselle, ce qui lui découvrit les pieds :

« Putain, mais qu’est-ce que c’est que cette cochonnerie? »

                Accrocher à l’un de ses orteils, il y avait une étiquette, semblable à celle qu’on les cadavres dans les morgues des hôpitaux pour les identifier, question d’éviter des incidents, avouons le, quelque peu fâcheux. Valentine le détacha délicatement et se plaça de manière à pouvoir l’éclairer avec le lampadaire pour lire le message qui y était inscrit.

« Vient à Brightwood si tu souhaites avoir ta vengeance, vient en ce lieux qui t’es bien familier et ne tarde pas Valentine.  Numéro 4 »

                L’affliction de Valentine se remplaça soudainement par une colère telle qu’on n’en vit plus d’aussi forte depuis ce jour. Il fourra l’étiquette dans son imper, ferma le coffre brusquement et retourna s’assoir dans la Lincoln. Le petit le regardait et lui souriait, sans montrer les dents, innocemment;

- Alors où va-t-on maintenant Mr. Valentine? lui demanda-t-il.

- Destination finale petit, on va retrouver Numéro 4 une fois pour toute.

- Vous savez où elle est ?

- Je crois bien le savoir oui, prend ce revolver Johny, s’il arrive quelque chose là-bas tu sauras quoi faire.

- Comprit Mr Valentine, termina Johny tout joyeux de tenir entre ses mains le revolver, comme si c’était un petit jouet inoffensif.

                Valentine restait tout de même troublé par ce message de Numéro 4, comment savait-elle pour Brightwood, il n’en avait jamais parlé à personne, pas même à Véronicka. Tout cela était bien loin derrière lui mais il savait où il devait se rendre, la station de métro de Brightwood. C’est dans les chiottes de cette station qu’il avait passé bon nombre de nuits froides d’hivers pour ne pas crever d’hypothermie dans le fond d’une ruelle. Un passé de merde, il faut bien se le dire. Ce qui l’intriguais le plus était sans aucun doute cette connaissance si grande que Numéro 4 avait de Valentine, jamais il ne lui avait parlé de cet endroit, ni même de Véronicka, comment avait-elle fait pour tout savoir avec autant de précision. Au fond, peut-être qu’il lui en avait glissé un mot et qu’il n’était pas capable de s’en rappeler, il avait l’impression de devenir fou, tout était si confus dans sa tête.

                Il avala une grande rasée de scotch, jamais ça ne faillit à la tâche de replacer ses esprits, et tourna la clef dans le contact de la voiture. Il irait à Brightwood, il découvrirait quels sont les plans de Numéro 4 et ensuite il ne lui tirerait pas une belle dans la tête, elle cesserait de respirer trop rapidement. Au lieu de cela, il lui tirerait deux balles dans l’estomac, une pour se venger et une pour la dame en blanc. Le moment de cet affrontement étant pour lui toujours trop éloigné, il embraya le levier de vitesse en s’engagea dans les rues sombres de New York, la nuit ne fit que commencer pour Valentine, qui en avait trop vécu ces derniers jours.

 

Suite et fin de cette nouvelle au prochain épisode, très bientôt.

Alexandre Faucher

Hades et Vénus

(A.F)Ahhh que je t’aime… toi… Éternel Scélérat… que je t’aime.. à travers nos horizons verticales, nos unions désaltérées..

(Jr)Dansant dans la brise du jour,
s’agencant tel les particules de l’amour.
Ton souffle en fusion,
brule mes ambitions.
Si je le pourrais,
t’embrasser j’oserais.
Mais ces regards infidèles,
de balles me criblerait.

N’ait crainte des infidèles
Ceux qui croit être issus de la révolution
Ceux qui croit au pouvoir de leur action
Très bientôt, ils goûteront notre fiel

(A.F)Ahhh Chère Vénus Anadyomène
Entend les chants de notre bohème
Porte en toi l’inspiration de toute une génération
Délaisse l’écume des rivages pour la tentation

Prend ma main, éternel scélérat
Vient où l’on ne va plus
Et ne t’enquiert pas de tous ses rats
Car avec moi, on voyage léger.

(Jr)Si de ton coeur tu me guide, de ta main tu me soumet
De blessure tu me couvres et de chaleur tu m’entoures
Dans les flammes je te suivrait,
dans la tentation je te degusterait

O Hades frère de pouvoir, amant de mes rêves
Enflamme moi de désir, éteint moi de supplices
Prend la laisse de mon amour, enchaîne ces rats
De nôtre bonheur nous les bruleront vif.

Alexandre Faucher – Joel Jr Denis-Fontaine

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