J’ai écris une centaine de vers cette nuit, certains courts et d’autres long, les alexandrins envahissaient mes pages en l’honneur de ce qui devrait être déshonoré. J’ai donné à ma poésie la forme de son corps gracieux et délicat, mais mes mots ingrats ne sauraient donner vie à rien qui pourrait lui rendre hommage dignement. Roxane m’a torturé encore aujourd’hui et elle continuera cette nuit, j’en suis sûr, l’ivresse ne suffisant plus à me délivrer de la torpeur dans laquelle elle me plonge chaque fois que mon esprit à la liberté de s’éloigner du cadre dans lequel on le garde et qu’il s’aventure dans des sentiers qui autrefois étaient boisés et pollués de tulipes. Ces putains de fleurs qui maintenant se foutent de ma gueule et qui se fanent chaque fois que je tends les doigts pour en attraper une ou deux. Le soleil a déjà brillé, maintenant même lui semble terne et morose, les sentiers qu’il rendait idyllique sont devenus sombres, moroses et inquiétants. Bref, même King n’oserait s’y aventurer, aussi cinglé soit-il. Le matin lorsqu’elle me réveille de son souffle chaud et glacial, je peux la sentir étendue de tout son long sur mon corps. Elle glisse son index sur mes lèvres délicatement, comme elle avait l’habitude de le faire, et finit par le laisser tomber sur mon torse. Elle découpe ensuite sur ma peau des milliers de cœurs avec ses ongles et les garde précieusement dans sa poche avant de s’évaporer. La présence trop intense et radicale de son absence me cisaille les entrailles, je n’arrive plus à bouger, à parler ou même à penser. La solitude me donne une petite tape sur l’épaule pour me remonter le moral et les regrets sont étendus dans mon lit, attendant seulement que je m’y étende pour me lacérer tout le corps et l’esprit avec les lames de leurs erreurs. J’ai mal en dedans, j’ai mal à elle… Le houblon m’aide même pu, y’a finit par empirer les choses. J’essaie d’écrire, remède fidèle qui ne m’a jamais laissé tomber, sauf cette fois. Ma nouvelle Roxane a trouvé où j’avais caché mon cœur, la petite boîte secrète qui préserve ma santé sentimentale, et y a mis feu puisque c’est ce qu’elle souhaitait. Elle immola mon cœur et mon corps tout entier en transit. Depuis, j’essaie de versifier un peu ma vie, sans grand succès, je respire et je vis mais dans le fond c’est vide en dedans de moi. Je suis la cause de mes tourments et je m’en repens, mais ça me quitte jamais, c’est comme un cancer du cœur, une tumeur d’émotion. Je veux juste que son ombre me quitte pour de vrai, pouvoir me coucher et dormir sans être complètement ivre. Je veux juste écrire et me sentir complètement libre. Ahhh…Roxane… laisse moi dormir… et revient moi sous une toute autre forme lorsque mon cœur ne saignera plus et que mon corps portera fièrement les cicatrices d’un temps passé, pénible et mortel. Ahhhh ………………………….. Roxane……
Alexandre – Valentine- Faucher